Louis IX, le roi qui devint Saint Louis

Louis IX est le fils de Louis VIII et de Blanche de Castille et lorsque son père décède en 1226, il n’a que 12 ans. Sur son lit de mort, Louis VIII confie alors le gouvernement du royaume à la reine, dans l’attente de la majorité du jeune roi.

Saint-Louis en route pour Tunis lors de la huitième croisade

Saint-Louis en route pour Tunis lors de la huitième croisade

En 1234, Blanche marie son fils à Marguerite, fille du comte de Provence. Si la jeune reine est tenue à l’écart du gouvernement, en revanche, la reine-mère a su si bien gérer les difficultés qu’en 1235, elle laisse à son fils un royaume pacifié et un domaine royal accru. Elle garde une grande influence sur la politique jusqu’à sa mort en 1252 et Louis IX lui confie même le royaume lors de son départ pour la croisade (1248).

Louis est un roi à propos duquel les sources biographiques sont relativement nombreuses. L’œuvre la plus connue est l’Histoire de saint Louis, de Joinville, achevée en 1306. Mais une autre source contemporaine est tout aussi importante : les témoignages rassemblés par Guillaume de Saint-Pathus, en vue de la canonisation du roi. Ces portraits vivants de l’homme ont mis en évidence le caractère contrasté, voire ambiguë, de Louis IX.

Le saint homme

Son éducation a fait de Louis IX le modèle du chevalier chrétien : pieux, charitable et guerrier. Roi d’une extrême piété, il pratique très tôt l’abstinence et la dévotion. Ses préoccupations morales et religieuses sont très fortes. Alors, il s’entoure de nombreux religieux, principalement des Mendiants, c’est-à-dire des Dominicains et des Franciscains. Ils ont une influence de plus en plus importante, au détriment des barons. Après la croisade, le comportement du roi est empreint d’une ascèse de plus en plus rigoureuse. Cela entraîne des changements notables dans son mode de vie, ce qui ennuie son entourage, notamment Jean de Joinville, et scandalise certains de ses sujets.

La politique de saint Louis est le reflet de sa morale. Ainsi, il n’hésite pas à recourir à la force, si c’est pour obtenir la paix ou la justice. Il agit le plus possible pour le triomphe de la foi, notamment en promulguant des ordonnances contre les Juifs du royaume et en allant combattre les Infidèles. Enfin, il voit dans le pouvoir monarchique un sacerdoce, au rôle rédempteur. De ce fait, il s’oppose au pape et aux évêques de France, afin de conserver son indépendance politique et faire respecter ses prérogatives.

La consolidation du pouvoir royal

Bien qu’il profite des progrès apportés par les premiers Capétiens, Louis IX joue un rôle décisif dans la mise en place de la monarchie française. Louis VI avait placé le roi à la tête de la hiérarchie féodale, Louis IX situe la monarchie hors de la pyramide. Ainsi, soumettant définitivement le comte de Toulouse, Raymond VII, il obtient des barons, par cette démonstration d’autorité, qu’ils se tiennent tranquille. Seul Henri III Plantagenêt tente une action qui est rapidement matée, en 1242.

Saint Louis se trouvant à la tête d’un territoire devenu cohérent, il cherche à en unifier les différentes parties, notamment en rationalisant l’administration. Sa politique unificatrice passe par une emprise plus sensible du souverain sur le royaume, en particulier avec le renforcement des effectifs des agents royaux. Il met aussi en place une justice d’appel qui est valable pour toute la France. De même, la monnaie royale a cours partout dans le royaume. La présence du roi se fait aussi sentir dans la levée, à plusieurs reprises, d’impôts exceptionnels.

La politique extérieure

Louis IX est un roi très respecté en Europe, car sa fermeté n’a d’égale que son équité. Ces deux qualités se retrouvent dans les principaux conflits qu’il a eu avec les puissances voisines. Ainsi, lorsqu’Henri d’Angleterre tente de se révolter contre lui, Louis IX réussit à battre son adversaire. Mais il ne profite pas de cet avantage et signe une paix où son sens de la justice est très présent. Le traité de Paris de 1259 rend une partie de ses terres à Henri III. Louis IX croit ainsi s’assurer sa fidélité. Il a d’abord raison car l’anglais fait appel à son arbitrage lors d’un conflit qu’il a avec ses barons, en 1264.

Le conflit avec les rois d’Aragon, à propos des territoires du Midi de la France, est réglé au traité de Corbeil de 1258. Louis IX renonce à ses prétentions sur le Roussillon et Barcelone, pendant que le roi d’Aragon renonce aux siennes sur la Provence et le Languedoc. Dans ces deux affaires, saint Louis a su s’imposer tout en respectant son sens de la justice.

La croisade

L’action extérieure la plus marquante du règne de saint Louis, parce que significative de sa personnalité, est la croisade. En fait, il participe à deux expéditions : la première en 1248-1254, à destination de l’Egypte, et la seconde en 1270 au cours de laquelle il trouve la mort à Tunis.

En août 1248, il s’embarque à Aigues-Mortes pour la septième croisade. Après avoir pris Damiette, il refuse un accord avec le sultan et subit une défaite à Mansourah . Il y est fait prisonnier. C’est un échec cuisant mais cela ne lui fait pas renoncer à l’idée de libérer le tombeau du Christ. Il s’embarque à nouveau en juillet 1270 mais meurt presque aussitôt de la peste.

Louis IX est aussitôt vénéré comme un saint. Sa canonisation est obtenue par Philippe le Bel, en 1297, lors d’une accalmie dans son conflit avec le pape Boniface VIII. Entre son grand-père Philippe Auguste et son petit-fils Philippe le Bel, saint Louis est sans doute le plus grand souverain capétien.

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