Saint-Gall: un important centre culturel du Moyen Age

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983, le couvent de Saint-Gall est l’un des plus anciens et des plus prestigieux centres monastiques d’Europe.

Plan de Saint-Gall

Plan de Saint-Gall

Le monastère de Saint-Gall est situé dans les Alpes suisses, dans la vallée de Steinach, près du lac de Constance. Fondée vers 612, par le moine itinérant irlandais Gallus, la première communauté est composée de douze religieux qui suivent la règle très stricte de saint Colomban.

Une histoire mouvementée

Après avoir été pillé deux fois, le monastère est abandonné au début du VIIIe siècle, mais il renaît grâce à l’intervention de Pépin le Bref qui, vers 747, charge Otmar d’y introduire la règle de saint Benoît. L’abbaye connaît un grand essor, dont l’apogée se situe entre 830 et 920, et elle se trouve alors à la tête d’un vaste territoire. Mais, en 937, les envahisseurs hongrois incendient le monastère, c’est le début du déclin: la discipline se relâche, les ressources diminuent.

La réforme de Cluny aurait pu sauver le couvent mais les abbés la refusent. De plus en plus occupés par le gouvernement de leur principauté, ils sont avant tout des souverains temporels et, désormais, l’évolution de l’abbaye est inséparable de celle du territoire qui en dépend.

Après la crise de la Réforme, les dispositions du concile de Trente rétablissent la discipline claustrale à Saint-Gall. Ce renouveau s’accompagne d’une ère de faste matériel, surtout au XVIIIe siècle. C’est de cette époque que datent les bâtiments actuels du monastère. Ils sont construits entre 1755 et 1768 et appartiennent au style baroque.

Une abbaye à l’architecture maintes fois remaniée

Le sanctuaire d’origine est un ermitage en bois comprenant un oratoire et des dortoirs pour les douze frères. Il est remplacé, au VIIIe siècle, par une église en pierre, un hospice et une léproserie. L’abbatiale de Gozbert, édifiée de 830 à 835, est une basilique au plan en croix, richement décorée. Malgré les incendies de 937, 1314 et 1418, et les remaniements de l’époque gothique, elle constitue le noyau d’un ensemble qui est profondément transformé après 1626, puis au XVIIIe siècle.

Le monastère actuel est un édifice baroque. La cathédrale est construite en seulement onze ans, au cours du XVIIIe siècle. Le décor intérieur est particulièrement riche: les stalles en bois de noisetier remarquables et le maître-autel est somptueusement décoré. De même, la bibliothèque abbatiale possède un décor roccoco qui témoigne de l’importance de ce bâtiment dans l’histoire du monastère.

Un foyer culturel exceptionnel

A partir du VIIIe siècle, Saint-Gall devient un haut lieu intellectuel. Des écoles de chant et d’enluminure, un atelier de copistes et surtout une riche bibliothèque, renommés dans toute la chrétienté occidentale, y prospèrent dès cette époque. Autour de cette activité intellectuelle intense, se développent des ateliers d’artistes, principalement chargés de réaliser les couvertures de livres.

L’importance de cette activité est illustrée par la personnalité du moine-orfèvre Tuotilo, auteur vers 900 de deux plats d’ivoire pour la reliure d’un évangéliaire, conservé à la bibliothèque du couvent de Saint-Gall. Après le concile de Trente, l’abbaye reste un foyer culturel important et dispense, dans ses écoles et par son imprimerie, la doctrine de la contre-réforme.

Le plan de Saint-Gall

La bibliothèque de Saint-Gall conserve encore aujourd’hui un document exceptionnel pour l’histoire de l’architecture monastique. Il s’agit d’un plan de monastère qu’Heito, évêque de Bâle et abbé de Reichenau, envoie en 819 à Gozbert, abbé de Saint-Gall, qui projette alors la reconstruction de son abbaye.

En 817, Heito participe au concile d’Inden, où Benoît d’Aniane lance la réforme du monachisme. Le plan de Saint-Gall suit les principes issus du concile et se présente donc comme le modèle du monastère idéal.

Le centre est occupé par l’abbatiale et le cloître, autour duquel s’organisent les bâtiments communautaires: chauffoir, dortoir, réfectoire, cellier. A la périphérie se trouvent des habitations, deux hôtelleries, une école, un verger, un jardin médicinal, une infirmerie, des ateliers et dépendances diverses pour les activités artisanales et agricoles. Ce plan sert de modèle à tous les monastères construits en Europe, au Moyen Age

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