La croisade contre les Albigeois: lutte contre l’hérésie cathare

Au XIIe siècle, l’Eglise engage une lutte acharnée contre les Cathares usant de tous les moyens à sa disposition: la prédication, la guerre et l’Inquisition.

Le massacre des Albigeois - Chronique de Saint-Denis

Le massacre des Albigeois – Chronique de Saint-Denis

Les Albigeois ou Cathares sont les membres d’une secte religieuse qui connaît un grand essor du XIe au XIIIe siècle, dans toute l’Europe occidentale mais surtout en Languedoc où elle rencontre une grande tolérance et cristallise les mécontentements. Cette secte, héritière du manichéisme, croit en l’existence de deux Dieux: l’un est bon, c’est le Dieu des Evangiles, l’autre est corrompu, c’est le Dieu de l’Ancien Testament.

Les Cathares refusent le mariage et ne reconnaissent pas le sacrifice du Christ sur la croix, ce qui leur attire l’hostilité de l’Eglise. De plus, ils sont opposés à la propriété et au serment, allant ainsi à l’encontre des valeurs féodales. Tout concourt pour qu’ils soient déclarés hérétiques.

L’échec de la prédication

Dès le XIIe siècle, la papauté tente d’éradiquer l’hérésie de manière pacifique. Ainsi, saint Bernard va prêcher dans le Midi en 1145; de même, à partir de 1206, saint Dominique y inaugure un nouveau genre de prédication. Ces tentatives sont des échecs.

La papauté pense alors à une action armée, mais Philippe Auguste ne souhaite pas s’y engager. Le comte Raymond VI de Toulouse apparaît alors comme l’homme idéal pour mener le combat mais, en 1207, il refuse d’adhérer à la ligue contre les cathares. Pierre de Castelnau, légat du pape, l’excommunie aussitôt.

L’assassinat de Pierre de Castelnau en janvier 1208, après une rencontre avec Raymond VI, décide le pape à prêcher la croisade contre les Albigeois, le 10 mars. Du même coup, le comte est à nouveau excommunié et Pierre de Castelnau canonisé.

Simon de Montfort et la croisade en Languedoc

Raymond VI choisit de se soumettre et rejoint la croisade féodale. Bien qu’étant une armée internationale, le gros des troupes vient du nord de la France et le commandement est confié à un seigneur d’Ile-de-France, Simon de Montfort. La croisade commence par la prise de Béziers, le 22 juillet 1209. Ensuite, c’est Carcassonne qui capitule. Raymond-Roger de Tencravel, seigneur des deux villes, voit ses terres, où l’hérésie est très présente, confiées à Simon de Montfort.

En 1211, le légat demande à Raymond VI de livrer les Juifs et les hérétiques, ce à quoi il répond par la négative. Simon de Montfort revient à la tête d’une nouvelle armée qui met les Albigeois en déroute et il récupère une grande partie des terres du comte de Toulouse. Celui-ci demande alors de l’aide au roi Pierre II d’Aragon. Sur son intervention, Innocent III condamne les abus de Simon de Montfort mais change d’avis ensuite. Le roi d’Aragon entre alors en guerre, mais est tué à Muret, le 12 septembre 1213.

En 1215, au concile de Latran, Simon de Montfort obtient la déchéance de Raymond VI et récupère les terres qui lui restaient. Le comte déchu et les Toulousains entrent en révolte et, lors d’un siège, Montfort est tué. L’armée croisée ne survit pas à son chef et Raymond VII finit par regagner les possessions de son père, mort en 1222.

Le traité de Paris et l’annexion du Languedoc

En 1226, Raymond VII est à son tour excommunié. Le roi Louis VIII fait une expédition dans le Midi et prend les terres de Tencravel, ainsi que les régions de Beaucaire et Carcassonne pour les agréger au domaine royal. Il meurt lors du retour.

De son côté, Raymond VII ayant perdu beaucoup d’alliés, abandonne toute résistance à la fin de 1228. Commence alors la conférence de Meaux qui aboutit au traité de Paris de 1229 et à la paix entre le roi et le comte. Grâce à ce traité, le Languedoc entre dans le domaine royal, à partir de 1271.

Le rôle de l’Inquisition

Après 1229, la lutte contre l’hérésie passe par l’Inquisition, confiée aux Dominicains. Ce « tribunal de la foi » est alors à son apogée et c’est en Languedoc que les inquisiteurs acquièrent leur réputation d’intransigeance répressive. Des cours de justice s’installent dans les principales villes: Montpellier, Carcassonne, Toulouse …

Une résistance clandestine s’organise alors dans les villes et, en 1243, les derniers cathares se réfugient au château de Montségur. Ils parviennent à résister pendant presque un an mais, le 16 mars 1244, le château est pris et les hérétiques brûlés.

Sources :

Jacques Le Goff: « Croisade contre les Albigeois », Dictionnaire du Moyen Age, histoire et société, Albin Michel, Paris, 1997

Jean Chélini: Histoire religieuse de l’Occident médiéval, Hachette, Paris, 1991

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