Jean II, prisonnier des Anglais: de Poitiers à la Tour de Londres

La Tour de Londres a servi de prison de 1100 à 1952. Parmi les prisonniers, se trouve le roi de France Jean II, capturé à la bataille de Poitiers en 1356.

La bataille de Poitiers (1356)

La bataille de Poitiers (1356)

En 1356, en pleine Guerre de Cent Ans, le roi Jean II le Bon est fait prisonnier par les Anglais, à la bataille de Nouaillé-Maupertuis (Poitiers) avec son fils Philippe. Tout d’abord emmené à Bordeaux, où il séjourne pendant deux ans, il finit sa captivité à Londres.

Une prison dorée?

A Bordeaux, Jean II est le prisonnier d’Edouard III, mais il n’est pas dans une geôle. Il jouit d’une certaine liberté et a même la possibilité d’y organiser une véritable cour. Ce séjour en Guyenne, possession des rois d’Angleterre, n’a de pénible que le fait qu’il laisse vacant le pouvoir. Le dauphin Charles est nommé régent et assure ainsi la continuité du pouvoir. Jean II, pensant laisser son royaume entre de bonnes mains, part alors négocier sa libération à Londres.

D’abord, logé à la cour, le roi de France est traité avec les égards dû à son rang. En revanche, les négociations sont loin d’être faciles. Plusieurs traités de Londres sont signés et aucun n’est satisfaisant. En France, la situation se dégrade et Edouard III décide de durcir les conditions d’emprisonnement de Jean II. Dans un premier temps, il reste à la cour, mais assigné à résidence. Ensuite, on le transfère au château de Somerton, puis à la Tour de Londres.

La tour de Londres

La tour de Londres

Née avec la monarchie anglo-normande, fondée par Guillaume le Conquérant, la Tour de Londres est à la fois palais royal, prison d’Etat et garnison. La tour Beauchamp, élevée par Edouard Ier, en 1281, sert de geôle de luxe à des prisonniers de haut rang, parmi lesquels le roi Jean II.

Et pendant ce temps à Paris!

Quand Jean II le Bon est fait prisonnier à Poitiers, la noblesse française a déjà essuyé de graves défaites face aux Anglais, principalement à Courtrai et Crécy. De ce fait, elle n’assume plus son rôle de protection du bas peuple qui légitime ses privilèges; bien au contraire puisque les paysans ont à supporter leurs pillages et rançonnements.

En même temps, les conflits se multiplient entre le Dauphin Charles, Charles de Navarre et la population de Paris, menée par le prévôt des marchands, Etienne Marcel. En même temps, les paysans se révoltent. L’année 1358 voit un royaume de France à feu et à sang, non pas directement à cause de la Guerre contre les Anglais, mais à causes de luttes internes et des révoltes des Parisiens et des Jacques.

Le Traité de Brétigny

En avril 1359, Jean II signe un traité qui partage la France. Le dauphin Charles réunit les Etats généraux à Paris et, devant cet accord inacceptable, les négociations avec les Anglais sont rompues. La guerre reprend et le camp français connaît de nouvelles défaites. Le 8 mai 1360, un nouveau traité est signé à Brétigny, près de Calais. Edouard III renonce à ses prétentions au trône de France en contrepartie de vastes territoires. Au nord, il reçoit Calais, Guines et Le Ponthieu; à l’ouest, il obtient le Poitou, l’Aunis, la Saintonge, le Périgord, le Quercy; et au sud, l’Agenais, le Rouergue, les comtés de Bigorre et de Gaure. Le roi d’Angleterre reçoit aussi trois millions de livres de rançon, avec pour garantie un fils de Jean II en otage.

Ce traité apparaît très vite comme désastreux, notamment aux yeux des seigneurs des territoires concernés qui doivent prêter hommage au roi d’Angleterre. Les révoltes se multiplient, jusqu’à la reprise de la guerre au début de 1369.

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