Mérovingiens, première dynastie du royaume des Francs

Les Mérovingiens tirent leur nom de l’ancêtre supposé de la lignée, Mérovée, mais la dynastie ne commence qu’à l’avènement de Clovis, en 481.

Le baptême de Clovis

Le baptême de Clovis

L’avènement des Mérovingiens correspond presque exactement à la fin de l’Empire romain d’Occident. Au moment où le pouvoir impérial disparaît, les peuples barbares prennent le pouvoir.

Les invasions barbares: une notion abusive

Les invasions barbares ne sont en rien des invasions car, au début du Ve siècle, seuls quelques milliers de guerriers germaniques ont franchi le limes, c’est-à-dire la frontière entre l’empire romain et les tribus germaniques, et ceci de manière plutôt pacifique. De plus, certains d’entre eux cohabitent déjà avec les Gallo-romains, sur des terres qui leurs ont été offertes en échange de leurs service dans l’armée. Il est donc plus juste de parler d’implantation.

Les peuples qui s’installent en Gaule sont au nombre de quatre: les Wisigoths au sud, les Burgondes à l’est, les Francs au nord et les Alamans, dans la région Rhénane. Le peuple franc est composé de deux tribus principales qui sont les Francs saliens, situés entre l’embouchure du Rhin et de la Somme, et les Francs ripuaires, situés entre le Rhin et la Meuse. Reste un territoire qui n’est pas conquis par des Barbares: c’est la région située entre la Loire et la Meuse, qui correspond à la Gaule impériale du général Syagrius. L’unification de tous ces royaumes en un seul est l’œuvre du roi des Francs saliens, Clovis.

Un royaume franc uni: Clovis

Pour parvenir à un royaume franc unifié, Clovis opère en plusieurs étapes. D’abord, il conquiert, en 486, la Gaule romaine de Syagrius, à la bataille de Soissons. Ensuite, en 496, il repousse les Alamans au delà du Rhin. En 506, à la bataille de Vouillé, il prend le royaume wisigoth d’Alaric II. Enfin, ce sont ses fils qui finissent son œuvre en soumettant les Burgondes, en 534. La Gaule est ainsi entièrement acquise aux Francs.

Mais s’il est véritablement possible de parler de Clovis comme du fondateur de la dynastie mérovingienne, c’est qu’il a réussi à réunir sous une même et seule domination, c’est-à-dire la sienne, l’ensemble des royaumes barbares de Gaule. Le Regnum Francorum, comme les textes le nomme à l’époque, est alors la principale puissance territoriale de l’Occident. De plus, Clovis s’étant converti au catholicisme, il se présente comme le libérateur de la Gaule, face aux Barbares hérétiques, aux yeux des Gallo-romains. De ce fait, la Gaule sert de lien entre Rome et Byzance, alors disjoints.

Mais, cela n’est que de courte durée puisque après la mort de Clovis, en 511, le royaume ne retrouve que très rarement son unité.

La question des partages

Avec l’avènement de la dynastie mérovingienne, un régime politique profondément original voit le jour: une royauté absolue, héréditaire et patrimoniale. Le chef militaire, devenu souverain, exerce son pouvoir sur tous les habitants du royaume. Ce pouvoir a un caractère personnel et cela implique qu’il n’y a aucune distinction entre l’Etat, la personne du roi et ses biens. C’est pourquoi, à la mort du souverain, tous ses territoires sont partagés entre ses fils. C’est le cas à de nombreuses reprises pendant toute la domination mérovingienne sur la Gaule et cela commence dès la mort de Clovis. Le royaume est alors partagé entre ses quatre fils, Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire. Chacun a son royaume, avec sa capitale : Soissons, Metz, Paris et Orléans.

Malgré tout, le principe d’unité reste vivant, par exemple, dans le titre de Rex Francorum (roi des Francs) donné à l’un des rois, ou encore, dans le fait que Paris soit considérée comme une capitale idéale, symbole de l’unité du Regnum. Mais, ce n’est qu’une réalité épisodique. En 558, Clotaire Ier se retrouve seul à la tête des Francs mais seulement pour trois ans. Clotaire II restaure l’unité très peu de temps. Seul Dagobert Ier atteint une unité durable, de 613 à 634, mais il est le dernier des rois mérovingiens à l’obtenir.

Quatre principautés en lutte constante: la décadence

La réalité est plutôt celle de quatre entités territoriales divisant la Gaule : l’Austrasie, entre Meuse, Rhin et Moselle; la Neustrie, entre mer du Nord, Meuse et Loire; la Bourgogne, au sud-est; l’Aquitaine, au sud-ouest. L’histoire de la dynastie mérovingienne peut être simplifiée en disant qu’elle est principalement marquée par la lutte entre la Neustrie et l’Austrasie, surtout après la mort de Dagobert en 639, alors que la Bourgogne et l’Aquitaine tendent progressivement à obtenir leur indépendance.

Les trônes d’Austrasie et de Neustrie ne sont plus occupés que par des princes faibles, appelés « rois fainéants ». La dynastie est en pleine décadence. A partir du VIIe siècle, le système fiscal romain, encore utilisé par les souverains francs au VIe siècle, disparaît et les ressources royales proviennent entièrement de l’exploitation des richesses foncières. Sur le plan culturel, on ressent un lent abaissement qui se manifeste dans une perte progressive de l’écriture et de la culture latine. C’est pourquoi, les monastères tentent de les préserver en devenant des centres de production et de copie de livres, surtout dans le nord de la Gaule.

Face à un pouvoir royal affaibli, l’épiscopat finit par afficher une ambition politique. De même, l’aristocratie gallo-romaine, d’une grande richesse foncière, occupe les principaux postes de l’administration royale et de l’Eglise. Leur puissance ne cesse de grandir et ce sont de hauts fonctionnaires qui vont prendre le pouvoir: les maires du palais, issus de familles de l’aristocratie. Ils renforcent la lutte entre l’Austrasie et la Neustrie.

L’Austrasie finit par l’emporter, grâce à la dynastie de maires du palais des Pipinnides qui réussit à retrouver l’unité des deux royaumes. Les rois mérovingiens sont toujours en place mais ne sont plus que des fantoches. Pendant ce temps, l’Aquitaine et la Provence sont devenues des principautés indépendantes, avec des ducs à leur tête, et en Bourgogne l’aristocratie laïque et ecclésiastique prend le pouvoir.

Les Pipinnides prennent définitivement le pouvoir, en 737, avec Charles Martel qui règne à la place du roi. C’est son fils cadet Pépin le Bref qui prend effectivement le titre de roi des Francs en 751, après avoir été maire du palais, comme son père et son grand-père avant lui. La dynastie mérovingienne est morte, laissant place à celle des Carolingiens.

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