Les Carolingiens et la formation de la civilisation occidentale

Les Carolingiens ont régné de 751 jusqu’en 911 en Allemagne et jusqu’en 987 en France: des siècles qui ont profondément marqué l’Europe et son histoire.

Charlemagne et Louis le Pieux

Charlemagne et Louis le Pieux

Les Carolingiens forment la deuxième dynastie de rois francs. Même si leur nom vient du plus illustre de leurs membres Charlemagne, celui-ci n’est pourtant pas le fondateur de la dynastie puisque son père, Pépin III le Bref, est roi des Francs avant lui, en 751.

Rien ne présage, aux débuts, que cette dynastie va régner sur toute l’Europe occidentale jusqu’à l’aube de l’An Mil et planter les graines de la civilisation chrétienne occidentale.

Les débuts d’une dynastie: les Pippinides

Les Carolingiens sont les descendants d’une dynastie de maires du palais d’Austrasie, les Pippinides, qui tirent leur origine de Pépin de Landen, maire du palais de Dagobert, de 623 à 629. Pépin d’Herstal, du même lignage, réussit à devenir maire du palais des deux royaumes en 687. Il est le véritable chef politique, aux côtés d’un roi fantoche. Son fils, Charles Martel, réussit le même coup de force et s’occupe de rétablir l’unité du royaume franc, de 721 à 741. Il y réussit en partie, grâce à une armée nombreuse et fidèle.

En 727, le roi Thierry IV meurt et Charles Martel n’éprouve pas le besoin de le remplacer mais, pour autant, il ne prend pas le titre de roi. Ses fils, Pépin et Carloman lui succèdent et rétablissent la royauté mais, en 747, Pépin se retrouve seul maire du palais et il prend définitivement le titre de roi des Francs en 751. La dynastie carolingienne est née.

Charlemagne et la création de l’Empire

A sa mort, en 768, Pépin lègue à ses fils Charles et Carloman, non seulement un territoire étendu à l’ensemble de la Gaule, mais aussi une mission de protection de l’Etat pontifical, en vertu du titre de « Patrice des Romains » que le pape lui a décerné. Ce rôle va être prépondérant dans l’action des rois carolingiens et principalement pour Charlemagne.

A partir de 771, il se lance à la conquête des territoires de l’Est et du Sud et chaque avancée est l’occasion d’élargir le champ d’action de l’Eglise. Charlemagne constitue à la fois un empire pour sa dynastie mais aussi une Chrétienté occidentale. En conséquence, il se devait de porter le titre d’empereur pour affirmer la puissance de la royauté franque et l’unité spirituelle de l’Occident, face à l’empire byzantin.

Le couronnement du « nouveau Constantin » a lieu le 25 décembre 800, à Rome. Charlemagne devient le souverain « gouvernant l’Empire romain ».

La division sonne le glas de l’Empire

Mais l’unité de l’Occident ne dure pas. Elle survit sous le règne de Louis le Pieux (814-840), plutôt par hasard car ses frères sont morts avant de pouvoir régner. Avec ses fils, l’Empire unifié devient un souvenir que les Carolingiens s’efforcent en vain de reconstituer. Au traité de Verdun de 843, Lothaire, Louis le Germanique et Charles le Chauve se partagent l’Empire en trois royaumes, l’unité subsistant seulement dans le titre d’empereur porté par Lothaire. A sa mort en 855, ce dernier partage son royaume entre ses trois fils.

La division de l’Empire s’aggrave. Toutefois, en 875, Charles le Chauve reprend la majeure partie des terres de Lothaire et devient empereur. Une partie de l’Empire est alors reconstitué. En 881, Charles le Gros devient à son tour empereur mais il est destitué, en 887, et plus jamais l’Empire de Charlemagne ne retrouve son unité. Il se divise même en plusieurs royaumes. Seul son souvenir reste vivant dans la politique des rois germaniques. En ce qui concerne la France, le royaume se détache rapidement de l’idée impériale.

Le détail des alternances de pouvoir entre Robertiens et Carolingiens, dans le royaume de France, jusqu’à l’avènement d’Hugues Capet, en 987, est terriblement complexe. En fait, les derniers Carolingiens, Charles le Simple, Louis d’Outremer et Lothaire de France, doivent se soumettre aux aléas de l’élection. Or leur puissance est contestée par la descendance de Robert le Fort (mort en 866), qui déjà contestait Charles le Chauve.

Les Robertiens obtiennent à plusieurs reprises la couronne de France mais c’est Hugues Capet, petit-fils de Robert Ier qui finit par obtenir le trône. Il inaugure ainsi une nouvelle dynastie, celle des Capétiens, et sonne le glas des Carolingiens dans le royaume de France.

En Allemagne, ce sont les Ottoniens qui succèdent aux Carolingiens, à partir de 911.

La Renaissance carolingienne

Au seuil du Moyen Age, les Carolingiens ont transmis une forme de civilisation commune à l’Occident. Cette civilisation, à la fois originale et inspirée de l’Antiquité romaine, est en grande partie due au renouveau intellectuel des règnes de Charlemagne et Charles le Chauve, communément appelé « renaissance carolingienne ». Elle se développe autour de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle, qui s’entoure de lettrés irlandais, espagnols, italiens comme Paul Diacre et anglo-saxons tel Alcuin. Il les charge de réorganiser les études et de copier les textes romains qu’ils ont redécouverts.

Charles le Chauve en digne successeur de son grand-père, développe une école dans son palais, autour de Jean Scot Erigène. En même temps, avec les premiers Carolingiens, il y a une extraordinaire éclosion artistique. Des églises et des palais sont construits et décorés de peintures, de mosaïques. De plus, la tradition germanique de l’orfèvrerie atteint son apogée. La floraison artistique et intellectuelle médiévale est alors en marche.

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