Charlemagne et l’Europe unifiée

Fils du roi franc Pépin le Bref, Charlemagne est sacré roi par le pape, en 754, et dirige déjà un grand territoire qu’il ne cesse d’agrandir toute sa vie.

Le sacre de Charlemagne - Grandes Chroniques de France

Le sacre de Charlemagne – Grandes Chroniques de France

A la mort de son père, en 768, Charles (qui deviendra plus tard Magnus, c’est-à-dire « le grand ») partage le royaume avec son frère Carloman. Charles obtient l’Austrasie, la Neustrie, la Frise occidentale, la Hesse, la Franconie, la Thuringe et la façade maritime de l’Aquitaine. Quand Carloman meurt en 771, il accapare le reste du royaume. Toute la Francie est réunie sous son autorité.

Charlemagne, roi des Francs

Comme l’évoque son titre, Charlemagne exerce son pouvoir sur des hommes et non sur des terres. Il obtient leur fidélité en leur faisant prêter serment. De plus, il cherche à étendre le principe de la vassalité et à l’intégrer au système de l’Etat. Mais ce système a un grave défaut: la terre est le seul moyen que Charlemagne a trouvé pour récompenser les vassaux. Or, cela va entraîner l’émiettement de l’empire en petites seigneuries, à partir du Xe siècle.

Pour l’essentiel, l’administration est héritée des Mérovingiens mais Charlemagne y apporte quelques améliorations, notamment en ce qui concerne la gestion des terres d’Etat. Il met aussi en place les missi dominici, qui sont des fonctionnaires royaux chargés de faire le lien entre le roi et le pouvoir local. A partir de 780, Charles essaie de réformer la justice mais l’application est difficile.

Roi profondément chrétien, Charles souhaite incorporer l’Eglise franque au corps de l’Etat. Il légifère pour l’Eglise et prend en main l’administration de ses biens. Il fait donner une formation aux clercs et oblige les prêtres à prêcher. Sa tutelle sur l’Eglise est très forte et pas seulement dans son royaume. En effet, il intervient dans les discussions théologiques et aide la papauté dans sa mission évangélisatrice, en organisant l’implantation de l’Eglise dans les territoires nouvellement conquis.

La constitution de l’empire

A partir du moment où il devient roi des Francs, Charlemagne se lance à la conquête de nouveaux territoires. Il ne semble pas avoir suivi un plan de campagne et il a des moyens militaires assez réduits. Mais, il a su utiliser les circonstances pour se constituer un véritable empire.

Ses premières campagnes visent à pacifier les Saxons qui lancent des raids sur le royaume. Les premières victoires permettent à Charles de créer une marche, c’est-à-dire une région militarisée destinée à protéger la frontière face aux attaques ennemies. Après la conversion de certains chefs, l’Eglise s’implante en Saxe, en 777, mais toute la région n’est pas conquise.

Simultanément, le pape l’appelle pour le défendre face aux menaces du roi lombard. Il va donc en Italie, prend Pavie et obtient la soumission de toute la région. Charles devient ainsi roi des Lombards.

En 778, il est appelé en Espagne. Lors de son retour, a lieu l’épisode tragique de la mort de Roland à Roncevaux, immortalisée par la chanson de geste. Pendant ce temps, les Saxons de Widukind continuent leurs incursions. En 785, ils déposent enfin les armes. Toute la Saxe et la Frise orientale sont annexées.

En 788, la Bavière entre dans le royaume franc. Le royaume devenant difficile à contrôler, Charles met en place le système des marches pour la défense des frontières. En Italie et en Aquitaine, il choisit d’installer ses fils Pépin et Louis. Ensuite, il conquiert les territoires des Avars, à l’est de la Bavière.

Le nouvel empereur romain

A la fin du VIIIe siècle, Charlemagne jouit d’un pouvoir prestigieux. En effet, il est en relation étroite avec tous les grands : le pape, le patriarche de Jérusalem, le calife abbasside Haroun al Rashid et l’empereur byzantin. Il semble naturel qu’il cherche alors à prendre le titre d’empereur, en tant que souverain de la principale puissance d’Occident et comme protecteur de l’Eglise. De plus, le terme d’empire est déjà utilisé pour désigner ses territoires.

Dès 785, il cherche à imiter l’empereur byzantin en faisant construire, à Aix-la-Chapelle, un palais digne de ceux de Constantinople. Le pape Léon III souhaite le couronner empereur et faire de lui le nouveau Constantin. Le 23 décembre 800, Charlemagne se rend à Rome où il est accueilli avec les honneurs. Le 25, il est couronné empereur et acclamé par la foule.

Il devient le dirigeant de l’empire chrétien d’Occident et il se fixe pour objectif de restaurer le souvenir de la Rome impériale. En effet, les érudits dont il s’entoure, surtout des anglo-saxons, ont redécouvert la tradition antique. Ce renouvellement intellectuel est appelé « renaissance carolingienne ». Ainsi, à l’instar de la Rome impériale, l’administration cherche à fixer le droit et se lance dans une grande activité législatrice.

Mais quand Charlemagne meurt en 814, il n’a pas su assurer la transmission de son titre. L’empire lui survit sous le règne de son fils Louis. Quand celui-ci décède à son tour en 840, ses trois fils doivent, selon la loi salique, se partager l’empire (Traité de Verdun, 843). La grandeur de l’Empire aura été bien éphémère mais celle de Charlemagne connaît une grande postérité.

Vers 830, Eginhard écrit sa biographie et fixe à tout jamais son image: son impressionnante stature, son tempérament exubérant, son goût pour la culture et la création d’écoles. Son prestige est tel que l’empereur Frédéric Barberousse demande sa canonisation et l’obtient en 1165.

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