Philippe IV le Bel, un roi de France moderne

Avec Philippe Auguste et saint Louis, Philippe le Bel a été un grand roi capétien, toujours préoccupé de la grandeur du royaume de France.

Philippe le Bel et sa famille

Philippe le Bel et sa famille

Philippe IV est le fils Philippe III le Hardi et d’Isabelle d’Aragon. Né en 1268, il épouse, à seize ans, Jeanne de Navarre qui lui amène le royaume de Navarre et le comté de Champagne. Il succède à son père l’année suivante, en 1285. Son long règne (vingt-neuf années) est surtout connu pour les conflits d’intérêts avec la papauté, le procès des Templiers et les problèmes de succession qui ont conduit, à terme, à la Guerre de Cent Ans.

Un royaume de France en banqueroute

Tout au long de son règne, Philippe le Bel est confronté à des difficultés financières qui lui font prendre des mesures, souvent radicales. Les revenus du domaine royal ne lui suffisent pas à satisfaire les dépenses destinées à rehausser l’éclat de la monarchie et à soutenir les guerres. En conséquence, il multiplie les levées extraordinaires, sous des prétextes divers, à défaut de réussir à créer un impôt direct régulier.

Il a aussi recours à la confiscation des biens de groupes jugés indésirables mais dont les richesses sont considérables: les Juifs, les banquiers italiens et les Templiers. Mais surtout, Philippe IV use de manipulations financières, comme la dévaluation de la monnaie.

Les débuts d’une administration moderne

Philippe le Bel contribue au développement de l’administration: il crée des organes centraux comme le parlement, les chambres des Enquêtes et des Requêtes, et la chambre des Comptes. Les baillis et sénéchaux, agents royaux au niveau local, sont de plus en plus nombreux et sont assignés à résidence, pour plus d’efficacité. Paris devient la capitale du royaume.

Philippe IV s’entoure de conseillers compétents: les légistes. Parmi ces hommes de petite noblesse ou de la bourgeoisie, généralement formés au droit romain, se trouvent Guillaume de Nogaret et Enguerrand de Marigny. Le roi semble laisser toute latitude à ses conseillers, qu’il a le mérite de bien choisir et qu’il soutient en toutes circonstances. Ils lui sont très fidèles et œuvrent au développement d’un « absolutisme » royal. En effet, ils conçoivent l’idée, contraire à la féodalité, selon laquelle l’Etat est une puissance indépendante et inaliénable. Cette conception s’oppose à l’idée de la théocratie pontificale des papes du XIIIe siècle et de Boniface VIII.

Philippe le Bel et l’Eglise: un conflit politique

Souverain réputé pieux, Philippe le Bel connaît pourtant un important conflit d’intérêts avec le pape Boniface VIII. Il débute en 1296, alors que Philippe souhaite lever un impôt sur le clergé. Le pape s’y oppose aussitôt. La réplique de Philippe le Bel est l’interdiction de toute sortie d’or ou d’argent du royaume. Boniface VIII est furieux mais décide pourtant de calmer le jeu.

En 1301, l’opposition continue: Philippe le Bel fait arrêter l’évêque de Pamiers et le fait comparaître à Senlis, devant son conseil. Dans une bulle, le pape affirme la supériorité du Saint-Siège sur tout autre pouvoir et critique le gouvernement du roi de France. Philippe IV convoque l’ensemble des représentants des trois ordres (clergé, noblesse et bourgeoisie), afin de les consulter. Ce sont les premiers états généraux du royaume. Ils se réunissent le 10 avril 1302 et prônent la supériorité temporelle du roi. Boniface, par la bulle Unam Sanctam, réitère l’affirmation de la supériorité du pouvoir spirituel sur le temporel et menace Philippe IV d’excommunication. En mars 1303, le roi réunit une nouvelle assemblée devant laquelle Guillaume de Nogaret réclame la déposition du pape. Le 7 septembre, une tentive d’enlèvement du pape, réfugié à Anagni, laisse le pontife choqué: il meurt un mois plus tard.

Quand, le 14 novembre 1305, Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux, devient Clément V, l’absolutisme royal l’emporte définitivement sur la théocratie. En 1309, il fixe sa résidence en Avignon et, en 1311, il casse toutes les décisions prises par Boniface VIII à l’encontre de Philippe le Bel.

Des guerres pour étendre le royaume

Philippe le Bel conduit de nombreuses actions militaires au cours de son règne, principalement pour conserver ses intérêts en Flandre et pour récupérer les territoires anglais du royaume. La Flandre est une région riche, en raison de la prospérité du commerce et de l’artisanat. Le roi intervient souvent dans les affaires du comté, outrepassant parfois ses droits, ce qui exaspère le comte et les bourgeois. Il s’appuie alors sur la noblesse. En 1297, il est victorieux du comte Gui de Dampierre allié à Edouard Ier.

Le roi d’Angleterre est en conflit avec le roi de France, depuis 1294. En effet, Philippe IV conquiert l’Aquitaine anglaise. Mais l’arbitrage du pape aboutit au rétablissement de la situation antérieure et au mariage d’Edouard II avec la fille de Philippe le Bel, Isabelle. Cette union est à l’origine du problème de succession au trône de 1328 et de la guerre de Cent Ans.

A sa mort en 1314, il laisse à son fils Louis un royaume puissant et très convoité. Ni Louis, ni ses frères ne sauront conserver la grandeur du royaume de saint Louis et Philippe le Bel.

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