Les batailles de Poitiers, trois hauts faits du Moyen Age

Au Moyen Age, Poitiers est une ville située à la croisée de chemins et en limites de plusieurs territoires. De ce fait, elle devient un lieu d’affrontement.

Bataille de Poitiers 1356

Bataille de Poitiers 1356

La plaine de Poitiers (Seuil du Poitou) est un passage stratégique, entre bassin parisien et bassin aquitain et, de ce fait, elle voit se dérouler d’importantes batailles, tout au long du Moyen Age et même après. Pas moins de trois affrontements ont eu lieu aux alentours de Poitiers durant le Moyen Age, dont deux portent le nom de la ville; trois batailles qui ont toutes eu de lourdes conséquences sur l’histoire de la France.

Clovis à la conquête de la Gaule: la bataille de Vouillé (507)

Clovis est entré dans l’histoire en conquérant la Gaule. Devenu chef des Francs saliens en 481, la victoire de Soissons (486) lui permet d’être dans les meilleurs termes avec l’évêque Rémi de Reims et d’annexer un vaste territoire entre Loire et Somme. Clovis, fort de cette victoire et de ce soutien, part vers la rive gauche du Rhin, pour soutenir les Francs ripuaires contre les Alamans. La victoire de Tolbiac (496) lui permet d’obtenir le soutien de Sigebert, le chef des Francs ripuaires, alliance fort utile, avec celle des Burgondes, dans son combat contre Alaric II, roi des Wisigoths.

Les Wisigoths sont un peuple germanique dominant de vastes territoires au sud de la Loire et dans la Péninsule ibérique. Ils sont chrétiens depuis le début du IVe siècle mais suivent la doctrine d’Arius, contraire à l’orthodoxie de la foi, définie au concile de Nicée (325). Clovis et ses alliés lancent une « croisade » en Aquitaine afin de repousser les Wisigoths au-delà des Pyrénées. Les armées se rencontrent à Vouillé, au nord-est de Poitiers. Cette bataille voit une brillante victoire des Francs contre Alaric II.

Après 507 et la bataille de Vouillé, la grande majorité de la Gaule est sous la domination d’un seul peuple, les Francs, et d’un seul chef, Clovis. Avec ce chef chrétien, baptisé à Reims, les germes du royaume de France, avec ses regalia, sont déjà présents.

Charles Martel repousse les Arabes hors du royaume franc: la bataille de Poitiers (732)

Vers 720, Charles Martel, maire du Palais de Neustrie, au service des rois mérovingiens, prend le pouvoir sur une grande partie de la Gaule, mais l’Aquitaine est encore hors de sa portée. Ses relations avec Eudes, le duc d’Aquitaine, sont plutôt difficiles. Ce dernier règne de manière autoritaire sur ce vaste territoire et souhaite conserver son indépendance.

Pourtant, lorsque les troupes musulmanes d’Abd el Rahman passent les Pyrénées et commencent à occuper le sud de la Gaule, Eudes est bien obligé de constater son impuissance malgré sa résistance. Il est finalement contraint de faire appel à Charles Martel pour chasser les envahisseurs sarrasins.

La rencontre a lieu au nord-ouest de Poitiers, non loin de la Vienne. Abd el Rahman est alors en route vers Tours pour voler les richesses du sanctuaire de Saint-Martin. Eudes et Charles sont à la tête d’une armée disciplinée et bien équipée. Le combat est rude et incertain jusqu’à la mort d’Abd el Rahman et le retrait de ses troupes.

Dans les faits, Charles Martel a seulement stoppé une razzia mais, chroniqueurs chrétiens et musulmans en ont fait un symbole. En vérité, suite à cette bataille, Eudes est considérablement affaibli et Charles prend peu à peu le contrôle des régions du sud de la Loire. L’avancée de Charles Martel n’arrête pas les raids des Sarrasins mais les empêche sans doute de s’implanter en Gaule. Leur zone d’influence en Europe reste la Péninsule ibérique pour de nombreux siècles.

Jean II le Bon est fait prisonnier par les Anglais: la bataille de Nouaillé-Maupertuis (1356)

Poitiers est encore le théâtre d’une bataille importante, en pleine guerre de Cent Ans. Après la victoire de Crécy (1346), remportée par Philippe VI contre les troupes du roi d’Angleterre, Edouard III, une trêve est signée. Pendant dix ans, la situation est au statu quo: une grande partie du royaume est amputée car les Anglais occupent la Guyenne.

Le roi Jean II succède à Philippe VI en 1350. Les caisses sont désespérément vides et la bourgeoisie, de plus en plus puissante, lassée des gaspillages. Edouard III sent probablement la faiblesse du pouvoir et envoie son fils Edouard, le Prince noir, en expédition à travers le royaume de France. A partir de 1355, les pillages se multiplient et Jean II n’est pas en mesure de les arrêter, par manque de subsides.

Afin de financer l’affrontement inévitable, le roi doit promettre des réformes devant les Etats généraux. Ayant finalement obtenu l’argent demandé, il se lance à la rencontre du Prince noir et l’affrontement a, encore une fois, lieu près de Poitiers, à Nouaillé-Maupertuis, le 19 septembre 1356. C’est une véritable déroute des troupes françaises et, de surcroit, les Anglais font prisonnier le roi Jean II. Cette défaite marque le début d’une véritable guerre civile et la perte de nombreux territoires cédés à l’ennemi.

A chaque bataille, Poitiers de trouve au centre des enjeux territoriaux, à la charnière entre la zone d’influence de Paris et celles de Bordeaux. C’est encore le cas en 1569, en pleine Guerre de religions, lorsque les troupes protestantes de l’amiral Coligny sont battues par les catholiques du duc d’Anjou, à Moncontour, au nord de Poitiers.

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