Dubrovnik au Moyen Age une cité entre Orient et Occident

La cité de Raguse (Dubrovnik en Croatie) a profité et souffert des contingences de l’Histoire, en partie à cause de sa situation entre la Grèce et l’Italie.

Le vieux port de Dubrovnik

Le vieux port de Dubrovnik

Le site de Raguse, forteresse naturelle située sur un éperon rocheux de la côte dalmate, est d’abord occupé par des Grecs venus d’Epidaure, mais la ville est véritablement fondée au début du VIIe siècle par les Avars, qui s’installent sur le rocher (ragusa en latin), tandis que des Slaves occupent une forêt de chênes (dubrova en slave) située de l’autre côté d’un bras de mer, appelé la Stradun. A partir de ce moment, elle oscille constamment entre Orient et Occident.

Les fastes de la période médiévale

D’abord sous domination byzantine, Raguse se place sous la juridiction du doge Pietro Orseolo II, lorsqu’il veut élargir la domination de la République de Venise sur l’Adriatique, au début du XIe siècle. De 1081 à 1085, la ville est occupée par les Normands mais, au XIIe siècle, elle revient sous la coupe byzantine. Elle se donne à nouveau à Venise en 1205. Etant alliée à cette grande cité marchande, elle a tôt fait d’élaborer une constitution et de développer son trafic maritime.

Raguse connaît alors une prospérité économique sans précédent. Pourtant, en 1358, Venise cède la ville à la Hongrie, avec toute la Dalmatie. Mais lorsque le roi Sigismond (1368-1437) entre en conflit avec Venise, en 1410, les Ragusains refusent d’intervenir contre leur ancienne alliée.

En 1526, le dernier roi de Hongrie, Louis II Jagellon, meurt à la bataille de Mohács, face aux Ottomans. Raguse choisit alors de se placer sous la protection du sultan, plutôt que sous domination Habsbourg. Elle peut alors intensifier ses relations commerciales avec l’Orient, ainsi que son activité maritime en Méditerranée et dans l’Atlantique. Raguse connaît alors une situation florissante, tandis que s’y développe une vie culturelle et artistique intense.

Une activité artistique intense

Au premier regard, Dubrovnik se présente comme une forteresse entourée d’imposants remparts. La première mention qui en est faite date du Xe siècle mais les actuelles fortifications sont des XVe et XVIe siècles: la forteresse Saint-Jean qui domine le port; l’imposant fort Saint-Laurent, citadelle principale de la ville; la tour circulaire de Menze, construite par le florentin Michelozzo (1396-1472). A cela s’ajoute une série de ponts anciens.

Etant située sur un rocher, la ville possède un urbanisme particulier fait d’étroites ruelles et d’escaliers pittoresques. Pourtant, au XIIIe siècle, une large rue principale est construite sur la Stradun, unissant ainsi les deux parties de la ville. Au siècle suivant, Franciscains et Dominicains s’installent à Raguse et construisent deux églises importantes, chacune possédant un beau cloître sculpté. L’église San Francesco est flanquée d’un campanile avec un portail de style gothique.

Dubrovnik, à la fois orientale et occidentale, a cependant une physionomie architecturale très italienne, principalement aux XVe et XVIe siècles. Ainsi, de nombreux bâtiments gothiques et renaissances sont construits autour de la Stradun, notamment le monument le plus important de la cité, le palais des Recteurs. Le palais de la douane ou palais Sponza, la tour de l’Horloge et la fontaine d’Onofrio, datent aussi du XVe siècle.

En tant qu’important centre artistique « italien », Raguse reçoit de grands peintres, comme Pordenone qui travaille à San Domenico et à la cathédrale, Giorgio Vasari, Girolamo Impannato et surtout le grand peintre de Venise, Titien. La ville produit aussi des peintres locaux de talent dont Nicola Ragusino est un parfait exemple.

Les coups du sort

En 1667, un terrible tremblement de terre détruit une partie des édifices. La reconstruction offre un nouveau visage à Ragure: la Stradun est bordée de maisons à trois étages sans décor, alors que le style baroque est très présent dans l’architecture religieuse de cette fin du XVIIe siècle.

Après le tremblement de terre, Raguse a du mal à se remettre et, au XVIIIe siècle, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Son histoire est de plus en plus cahotique et la ville passe successivement sous la domination de plusieurs nations d’Europe. En 1806, les troupes napoléoniennes du général Marmont, s’en emparent et la placent sous protectorat français, puis elle est attachée au royaume d’Italie. Au Congrès de Vienne de 1814-1815, Raguse est incorporée à l’Autriche. En 1919, elle devient yougoslave sous le nom de Dubrovnik. Cette ville au destin sans pareil appartient aujourd’hui à la République de Croatie.

La vieille ville de Dubrovnik est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, depuis 1979. Tout au long de son existence, elle subit les vicissitudes de l’histoire: dernier malheur en date, en 1990, elle connaît d’importantes destructions lors du conflit yougoslave. Un bombardement de l’armée serbe détruit ou endommage un tiers de monuments. Un programme de restauration coordonné par l’UNESCO est mis en place, dès 1994, pour redonner toute sa splendeur à la « perle de l’Adriatique ».

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