La Tapisserie de Bayeux

Cette longue bande de lin brodée de cinquante huit scènes, relatant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, est exceptionnelle tant artistiquement qu’historiquement.

La mort du roi Harold

La mort du roi Harold

La très célèbre tapisserie dite « de la reine Mathilde » est installée, depuis 1983, dans l’ancien Grand Séminaire de Bayeux. La galerie de la Tapisserie est située au rez-de-chaussée et la bande de toile de lin, longue de près 70 m et haute de 50 cm, brodée à l’aiguille de laines multicolores, est conservée à l’abri des dégradations dans une vitrine d’exposition blindée.

Les moyens mis à disposition pour présenter la tapisserie à un large public, tout au long de l’année, sont à la hauteur de la valeur tant artistique qu’historique de l’oeuvre.

Une oeuvre d’art exceptionnelle

Sa confection est, selon la tradition, attribuée à la Reine Mathilde, épouse de Guillaume le Conquérant. Mais il est plus sûr qu’elle ait été réalisée par des artisans du sud de l’Angleterre, entre 1066 et 1100, à la demande de l’évêque de Bayeux, demi-frère du Duc Guillaume, Odon de Conteville, pour son palais épiscopal. Le prélat y est représenté à de nombreuses reprises. Plus tard, la tapisserie a probablement été exposée dans la cathédrale.

Cette broderie est exceptionnelle pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que les tentures datant de l’époque romane sont très rares, en raison de leur fragilité. Celle-ci s’est remarquablement bien conservée. Artistiquement, elle ne peut être rattachée à aucune tradition et donc être comparée à aucune oeuvre similaire.

Ensuite, le travail de broderie est d’une grande qualité. En haut et en bas, les scènes sont bordées de décorations végétales et animales, inspirées du fantastique et des fabliaux. L’abondance et la variété des personnages et des objets représentés, tels les navires, les armes, les costumes, les cavaliers, les paysans, font de ce document prestigieux une source essentielle pour l’histoire du XIe siècle et plus particulièrement pour l’histoire de la conquête de l’Angleterre.

Le témoignage précieux de la conquête de l’Angleterre par les Normands

La bataille d’Hastings, où Guillaume le Conquérant bat le roi Harold d’Angleterre en 1066, est l’un des principaux épisodes. Les sujets se succèdent de manière continue tout au long de la toile et sont expliqués par des légendes en latin. Il est ainsi possible d’associer la tapisserie de Bayeux à la tradition de la chanson de geste qui, elle aussi, s’inspire d’événements historiques, principalement des batailles.

La tapisserie de Bayeux est une source fondamentale qui apporte des informations sur des épisodes de la conquête de l’Angleterre ne figurant dans aucun texte de l’époque : par exemple, l’expédition de Bretagne et le Serment de Bayeux. Elle est aussi essentielle pour la connaissance des modes de vie au Moyen Age. Elle présente à la fois des sujets religieux et profanes, ce qui là aussi est très rare et elle est la source de nombreux débats parmi les historiens.

C’est pour toutes ces raisons que ce chef-d’oeuvre de l’art roman est inscrit, depuis 2007, au registre « Mémoire du Monde » de l’UNESCO. Ce programme, mis en place en 1992, a pour but de référencer le patrimoine documentaire mondial, partant du principe qu’il « appartient à tous, et qu’il devrait être entièrement préservé et protégé pour le bénéfice de tout un chacun ».

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