La manufacture des Gobelins : l’art de la tapisserie à Paris

Cette noble institution de la capitale, créée sous Louis XIV, est le résultat d’une longue tradition « industrielle » née aux bords de la Bièvre.

Façade - Manufacture des Gobelins

Façade – Manufacture des Gobelins

Du milieu du XVIIe siècle au milieu du XXe siècle, le 13e arrondissement est le quartier industriel du sud parisien. Déjà, au Moyen Age, tanneurs et teinturiers occupaient les rives de la Bièvre, dans ce faubourg Saint-Marcel qui n’appartient pas encore à Paris intra muros.

Jehan Gobelin est un teinturier, installé au XVe siècle dans un moulin de la Bièvre, près du boulevard Saint-Marcel. Son activité florissante perdure avec ses descendants et le quartier prend son nom au cours du XVIe siècle. Mais l’activité de tapisserie aux Gobelins ne voit le jour qu’en 1601, lorsque Henri IV y fait venir des tapissiers flamands.

Histoire de la manufacture de tapisseries

Vers 1660, Colbert voit tout l’intérêt de cette initiative royale et favorise l’activité de Jean Glucq, qui fonde une manufacture de teinture. Rapidement, le financier obtient des subsides de Louis XIV afin de créer une sorte de centre de création dédié à la gloire du roi. La manufacture des Gobelins est officiellement créée en 1662, avec à sa tête le peintre du roi, Charles Le Brun. Celui-ci s’implique tellement dans les activités de création, tant de tapisseries, de monnaies, d’orfèvreries que de mobiliers, qu’il choisit de s’installer dans le quartier, au niveau du n° 32 de l’actuelle avenue des Gobelins, alors rue Mouffetard.

Avant même la fin du XVIIe siècle, la manufacture des Gobelins produit exclusivement des tapisseries mais, progressivement, l’activité s’étiole. Alors qu’en 1825 les métiers de basse lisse s’installent à Beauvais, l’année suivante la fabrication de tapis de la manufacture de la Savonnerie arrive aux Gobelins. En 1940, les ateliers de la manufacture de Beauvais, détruits pendant la guerre, reviennent aux Gobelins. Voilà pourquoi l’institution s’intitule désormais « manufactures des Gobelins, de Beauvais, de la Savonnerie ». Elle est également associée au Mobilier national, aux ateliers de tapisserie de Lodève et de dentelles d’Alençon.

Une manufacture encore en activité

Le bâtiment en briques et pierre de taille, situé sur l’avenue des Gobelins, qui est aujourd’hui la vitrine de la manufacture, est construit à partir de 1912. C’est l’Etat français qui commande à l’architecte Camille Formigé la construction d’un musée. La construction dure très longtemps, à cause de la Première Guerre Mondiale et le musée n’ouvre au public qu’en 1921. Il expose les riches collections de tapisseries de la manufacture.

Médaillon - Manufacture des Gobelins

Médaillon – Manufacture des Gobelins

Les médaillons de la façade, qui illustrent les étapes de la fabrication de la tapisserie, sont une sorte d’introduction à ce qui se passe effectivement, derrière lui, dans l’enclos. En effet, la manufacture des Gobelins n’est pas seulement un musée. Elle abrite aussi des ateliers de création et de restauration de tapisseries. Elle assure également la transmission d’un savoir-faire grâce à une école formant des lissiers et des restaurateurs de tapisseries. Ces activités de création sont complétées par l’Atelier de Recherche et de Création (ARC), associé au Mobilier National, et par des ateliers de dentelle: toute l’excellence de la tradition artisanale française au service de l’innovation artistique.

En savoir plus : http://www.mobiliernational.culture.gouv.fr/

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