Le centre historique d’Avignon : le Vatican français

La présence des papes en Avignon, durant tout le XIVe siècle, a fait de cette ville la capitale de la Chrétienté et un grand centre de création artistique.

Palais des Papes - Avignon

Palais des Papes – Avignon

Avignon doit l’essentiel de sa physionomie à la période fastueuse où elle fut le siège de la papauté, de 1309 à 1403. Devenue capitale de la Chrétienté, la cité se pare d’un ensemble monumental exceptionnel où les meilleurs peintres et sculpteurs évoluent, au service de la cour pontificale.

La capitale de la Chrétienté

Elu pape en juin 1305, Clément V refuse de s’installer à Rome. Après quatre années d’errance dans le royaume de France, il finit par se fixer, en 1309, au couvent des Dominicains d’Avignon, aux portes du Comtat Venaissin, propriété du Saint-Siège. Cette installation de circonstance s’avère beaucoup plus longue que prévue car, à sa suite, neuf autres papes résident dans la ville provençale.

C’est avec Jean XXII (1316-1334) que la papauté s’implante véritablement en Avignon. En 1348, Clément VI (1342-1352) achète la ville à Jeanne de Provence. Mais déjà, le Palais des Papes, forteresse d’apparence austère, est en construction. Installé sur le rocher des Doms, tout près de la cathédrale romane de Notre-Dame des Doms (XIIe siècle), il témoigne des efforts ininterrompus de quatre papes, de 1334 à 1370.

Un urbanisme à la hauteur d’une capitale

Puissant château fort, le Vieux-Palais, est d’abord construit pour servir de siège à la chancellerie pontificale et lui assurer sa protection. Ensuite, un second édifice, situé entre le Vieux-Palais et Notre-Dame des Doms, est érigé. Il s’agit du Palais-Neuf, à l’aspect sévère, mais ressemblant plus à une résidence qu’à une forteresse.

Pendant ce temps, entre 1360 et 1370, une enceinte fortifiée est construite, contenant un espace de 151 hectares. Cette muraille répond aux fortifications de Villeneuve-lès-Avignon, situées de l’autre côté du Rhône et reliées par le célèbre pont Saint-Bénezet: la tour Philippe-le-Bel et le fort Saint-André. Il semble difficile de dissocier les deux villes dont les destins sont étroitement liés. Résidence d’été des papes, Villeneuve se dote de nombreuses résidences cardinalices et de fondations religieuses, comme la Chartreuse (1356).

Le pont Saint-Bénezet - Avignon

Le pont Saint-Bénezet – Avignon

Naturellement, Avignon voit son sol occupé par de nombreux hôtels luxueux, avec de hautes tours et des églises, notamment celles des ordres mendiants, mais aussi des églises paroissiales. Toutes ces somptueuses constructions contiennent un décor d’une grande richesse, qu’il soit peint ou sculpté.

Un foyer artistique entre France et Italie

Deux noms dominent la peinture avignonnaise du XIVe siècle: Simone Martini et Matteo Giovannetti. Le premier est un Siennois qui, de sa ville natale, assure une commande pour le cardinal Orsini, vers 1335; il s’agit du Polyptyque Orsini (musée du Louvre). En 1336, il vient finir ses jours à la cour pontificale et réalise le programme du porche de la cathédrale Notre-Dame des Doms, dont il reste des fragments et les traces du dessin préparatoire.

Matteo Giovannetti, de Viterbe, est l’auteur des peintures murales de la chapelle Saint-Martial et de plusieurs salles, dans le Palais des Papes. La présence de Giotto est parfois évoquée mais pas prouvée. Toutefois, ces grands noms ne doivent pas faire oublier les nombreux autres peintres, français et italiens, qui travaillent aussi pour le pape et les cardinaux.

La sculpture n’est pas moins présente en Avignon. La sculpture monumentale est plutôt rare, si on excepte le portail de la grande chapelle du Palais. En revanche, les tombeaux de papes et de cardinaux sont très nombreux et de grande qualité. Toutes les formes y sont représentées, depuis l’enfeu jusqu’au monument funéraire, en passant par le sarcophage.

Demeurée propriété de l’Église jusqu’en 1791, Avignon continue de se doter de palais, d’églises et d’hôtels du XVe au XVIIIe siècle. Elle est même le centre d’une brillante école de peinture, au XVe siècle, dominée par la figure d’Enguerrand Quarton. Cette richesse monumentale et artistique exceptionnelle, digne des villes italiennes de cette fin du Moyen Age, a permis à Avignon d’être classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1995.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s