Castel del Monte : portrait architectural de Frédéric II

L’étude artistique de ce château du sud de l’Italie, permet de découvrir la personnalité de son commanditaire: l’empereur Frédéric II Hohenstaufen.

Castel del Monte

Castel del Monte

Le Castel del Monte est le dernier, et sans doute le plus extraordinaire, des châteaux édifiés par l’empereur Frédéric II Hohenstaufen, pour défendre l’Italie méridionale. Construit autour de 1240, sur une colline de la région de Bari (Pouilles), ce palais-forteresse manifeste toute la culture et l’ambition de son illustre commanditaire.

Frédéric II: la marque du commanditaire

La personnalité de Frédéric II (1194-1250) marque profondément la création artistique de l’Italie du sud, au cours de la première moitié du XIIIe siècle. Né d’un père allemand et d’une mère normande de Sicile, il est élevé à Palerme. En 1220, il devient empereur germanique et fait de l’Italie le centre de gravité de l’Empire.

D’une grande curiosité intellectuelle, Frédéric II s’intéresse à la philosophie, aux sciences et à la poésie. Dans un royaume de Sicile où les cultures normandes, byzantines et islamiques se mêlent, il fait de Palerme un foyer artistique et intellectuel, où se côtoient artistes et savants, chrétiens et musulmans. Toutes ces influences se retrouvent dans le Castel del Monte qui est le monument emblématique de l’art frédéricien.

De plus, il manifeste véritablement les ambitions impériales de Frédéric II. En tant que lointain héritier de Charlemagne, il reprend la forme et les dimensions de la chapelle d’Aix pour en définir le plan. En effet, la cour et le château forment un octogone, répété dans les huit tours d’angles. On perçoit ici toute la rigueur mathématique et astronomique de l’esprit de Frédéric II.

La diversité des influences

A l’image de Frédéric II, l’Italie frédéricienne synthétise les influences artistiques de toute l’Europe et même au-delà. En effet, les premières manifestations de l’art gothique en Italie, importé par les Cisterciens, sont renouvelées par les contacts avec l’Orient byzantin et musulman, auxquels s’ajoute une référence constante aux racines antiques du pouvoir impérial. Au cœur de ce foyer artistique original, le Castel del Monte est un exemple unique d’architecture militaire du XIIIe siècle.

En 1240, sa construction est confiée à des maîtres d’œuvre ayant travaillé dans les abbayes cisterciennes de San Spirito (Sicile) et San Stefano (Calabre). Il en ressort une architecture austère et d’une grande qualité de construction. De l’extérieur, il s’agit bien d’une forteresse, percée d’une fenêtre dans chacun des huit côtés et ornée seulement d’une corniche à mi-hauteur, marquant la division des niveaux intérieurs. En revanche, dès que le visiteur se présente à l’entrée, il est frappé par la richesse de la décoration.

Le Castel del Monte n’est pas seulement une forteresse mais aussi une résidence impériale et un pavillon de chasse. L’intérieur montre la grande qualité des architectes et sculpteurs. Les salles, voûtées d’arêtes, font référence au gothique français. Cette influence septentrionale se retrouve notamment dans les chapiteaux à crochets et dans la recherche de réalisme des figures d’atlantes soutenant la voûte d’une des tours. Toutefois, la référence à l’Antiquité est très présente. Le répertoire de figures antiques est assez vaste : atlantes, faunes, bustes.

En 1996, l’UNESCO inscrit le Castel del Monte sur la liste du patrimoine culturel mondial en tant que « chef-d’œuvre du génie créateur humain » et comme « témoin d’une tradition culturelle ».

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