L’abbaye de Fontevraud et les Plantagenêt

La fameuse dynastie royale anglaise a des racines bien implantées en France, notamment en Anjou, et son influence sur la région a perduré jusqu’au cœur du XIIIe siècle.

Gisants des Plantagenêt

Gisants des Plantagenêt

L’abbaye de Fontevraud, fondée en 1101 par Robert d’Arbrissel, a très tôt attiré des membres de la haute aristocratie. Parmi eux, se trouvait Ermengarde, duchesse de Bretagne. Issue de l’aristocratie angevine, elle a ensuite fait venir plusieurs membres de sa famille. Parmi eux se trouve son frère, le comte Foulque V d’Anjou, un des premiers protecteurs de l’abbaye, dont la fille Mathilde devient abbesse de 1149 à 1155.

Une dynastie française

Pourquoi parler de Foulque V d’Anjou ? Tout simplement parce qu’il est le père du fondateur de la dynastie des Plantagenêts : Geoffroy V, comte d’Anjou et du Maine (1113-1151). En 1128, ce dernier épouse Mathilde, fille du roi Henri Ier et veuve de l’empereur Henri V. Grâce à ce mariage, le fondateur de la dynastie se trouve à la tête d’un véritable « empire » mais bien fragile et menacé. Geoffroy V passe le reste de sa vie à consolider ses possessions.

Bien qu’évincée du trône d’Angleterre par Etienne de Blois, Mathilde n’a de cesse d’en revendiquer l’héritage. C’est son fils Henri II qui finit par prendre la tête du royaume, en 1154, à la mort d’Etienne, qui le reconnaît comme son héritier. Les Plantagenêts règnent sur l’Angleterre jusqu’en 1399. Pourtant, leur présence en France reste très forte.

Henri II et Fontevraud

Si tout le monde connaît Richard Cœur de Lion, en grande partie grâce à Walter Scott, le plus prestigieux membre de la dynastie des Plantagenêts est sans aucun doute son père, Henri II (1133-1189). C’est lui qui, en 1154, devient roi d’Angleterre et fait de Fontevraud la nécropole de sa dynastie.

Grâce à son mariage avec Aliénor d’Aquitaine, le 18 mai 1152, il rassemble entre ses mains un vaste territoire : en plus du royaume d’Angleterre, du duché de Normandie, du comté d’Anjou et du comté du Maine, hérités de ses parents, son mariage apporte à son domaine le comté de Poitou et le duché d’Aquitaine. Il est l’homme le plus puissant de son temps.

L’abbaye de Fontevraud est située au cœur de son domaine, aux confins du comté de Poitou et du comté d’Anjou, et c’est dans ce lieu retiré au milieu des bois qu’il choisit d’être inhumé. Il s’investit donc dans la vie de l’abbaye et du village qui voit rapidement le jour à proximité. En 1177, une paroisse est même créée, issue du démembrement de celle de Roiffé, et Henri II fait construire l’église paroissiale Saint-Michel.

Aliénor à Fontevraud

La protection de Henri II a beaucoup fait pour la richesse du monastère, alors en pleine construction. Aliénor d’Aquitaine va aussi œuvrer pour l’abbaye de Fontevraud, où elle finit par se retirer en 12OO. Elle y réside par intermittence et participe encore activement à la vie « politique » de son temps.

Abbatiale de Fontevraud

Abbatiale de Fontevraud

C’est une femme âgée et elle décide d’y finir sa vie, à partir de 1202. Elle meurt à Poitiers en mars 1204, à l’âge de 80 ou 82 ans, et est inhumée à Fontevraud où elle repose depuis, en compagnie de son époux Henri II et de son fils Richard.

La nécropole des Plantagenêts

Henri II et Aliénor d’Aquitaine, ainsi que leur fils Richard Cœur de Lion sont les grandes célébrités de l’abbaye de Fontevraud. Leurs gisants de pierre polychrome, datant du XIIIe siècle, sont aujourd’hui exposés dans la nef de l’abbatiale en compagnie de celui d’Isabelle d’Angoulême (épouse de Jean sans Terre).

Mais la présence de ces quatre gisants ne doit pas cacher l’existence de ceux qui ont disparu, détruits pendant la Révolution, comme ceux de Jeanne d’Angleterre et Raymond VII de Toulouse, fille et petit-fils de Henri II et d’Aliénor. Il faut aussi y ajouter les urnes contenant les cœur de Jean sans Terre et de Henri III d’Angleterre.

Pourtant, la dynastie devient peu à peu véritablement anglaise, à partir du règne de Jean sans Terre. Il perd successivement la Normandie, le Poitou, l’Anjou et le Maine. L’abbaye de Fontevraud cesse alors d’appartenir au domaine des Plantagenêts et l’implication de la dynastie dans la vie du monastère diminue au cours du XIIIe siècle.

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